Jardin botanique Val Rahmeh (Menton)

La côte d’Azur regorge de jardins d’ornement et d’acclimatation à visiter. Leur grand nombre s’explique historiquement. Au 19ème siècle, de nombreux bourgeois étrangers, notamment anglais, viennent en effet s’installer dans ce coin de France. Attirés par ses paysages et son doux climat, ils construisent de somptueuses villas. Autour de leur demeure, ils multiplient les collections d’espères rares et exotiques. Un héritage qui traverse le temps et dont le public peut bénéficier aujourd’hui. Parmi ces espaces de verdure, j’ai adoré le domaine Val Rahmeh, dans la ville du citron (Menton). J’y suis allée le jour de mon 29ème anniversaire avec mon conjoint et notre fils en porte-bébé. Dans cet article, je vous partage donc mes photographies de ce jardin botanique.
JARDIN VAL RAHMEH : UN NOM, UNE HISTOIRE




Le nom du jardin Val Rahmeh a une histoire. Pour vous l’expliquer, il faut remonter en 1905, lorsque Lord Percy Radcliffe achète le domaine, composé à l’époque, d’une bâtisse et de terres agricoles. Ce général de l’armée britannique remanie la villa dans un style italo-provençal, installe une allée de palmiers et agrémente le jardin d’espèces diverses. Suite au décès prématuré de son épouse Rahmeh Theodora Swinburne, il renomme la propriété en son honneur. Le « Val Rahmeh » signifie en arabo-persan le « vallon de la tranquillité » et ça lui va très bien ! En 1957, Miss May Bud Campbell en devient la propriétaire. Elle est vite surnommée la « Dame aux Daturas » en raison de sa collection de Solanacées. Botaniste de formation, elle prend plaisir à décorer le jardin de plantes issues des 4 continents. Endettée en 1966, l’État récupère finalement le site et confie sa gestion au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris. Ouvert au public dès 1967, le jardin devient ainsi un véritable espace botanique avec des zones thématiques, des panneaux d’affichage et des expositions.
INFORMATIONS SUR LA VISITE DU JARDIN




Le Val Rahmeh est ouvert toute l’année de 9h30 à 17h. L’entrée coûte 6 euros pour les 3-25 ans et 8 euros au delà. Il est possible de prendre un audio-guide en supplément (1€) ou de faire une visite guidée individuelle (2€) les jeudis à 10h15. Depuis 2014, il détient le label de « Jardin Remarquable » ainsi que celui de « Qualité Tourisme » depuis 2018. Le lieu est à la fois paisible et pédagogique. Il sensibilise à la préservation de la flore. La collection vivante de 1700 taxons est une référence pour les botanistes et horticulteurs. Lors de ma venue, j’ai également apprécié l’exposition sur les « Champions de la Nature ». Visible jusqu’en avril 2025, on y découvre quelques records du monde animal. Par exemple, saviez vous que le guépard est le meilleur sprinteur de la planète ? Il atteint les 90 km/h sur 500 mètres ! La grenouille est quant à elle la plus forte pour les sauts en longueur (4 mètres soit 80 fois sa taille).
ZONE ROCAILLEUSE ET MÉDITERRANÉENNE




Pour découvrir le domaine d’un hectare et demi il suffit de suivre les balises numérotées de 1 à 21. Le parcours débute au pied de la villa et dure environ 1h30. Admirez sa façade ocre, ses arches, ses plantes grimpantes, et ses fenêtres rouges. Autour de la maison, il y a déjà beaucoup à voir : des vases, des parterres de fleurs, des arbres fruitiers, un magnifique Philodendron… La terrasse offre un panorama sur la mer et le bassin en contrebas. On accède ensuite à une zone rocailleuse où les plantes xérophytes sont de la partie. Les Cactus, Aloès, Euphorbes et Agaves survivent aux périodes sèches car elles stockent de l’eau… À proximité, il y a une jolie sélection d’espèces méditerranéennes. On note la présence d’un Palmier Nain, originaire de la Côte d’Azur.
NATURE & HUMAIN : UNE RELATION ANCESTRALE




Le jardin Val Rahmeh est idéal pour étudier les relations entre les plantes et les humains. De tout temps, la nature nous a permis de nous soigner et nous nourrir. Mais elle a encore beaucoup de choses à nous apprendre ! Une parcelle met ces aspects en avant à travers des plantes médicinales, magiques ou toxiques. Il y a également des condiments utilisés en cuisine. On passe ensuite aux espèces des régions tropicales sèches avec notamment ses Yuccas géants. C’est intéressant de voir la différence de végétation selon les climats de la planète. L’endroit a aussi pour vocation la conservation d’espèces rares et menacées, comme le Sophora Toromiro. Endémique de l’île de Pâques, cet arbuste est éteint à l’état sauvage… Il faut donc bien sauvegarder ses graines !
ESPÈCES DES RÉGIONS TROPICALES HUMIDES




Le jardin Val Rahmeh se situe dans la baie de Garavan : un quartier de Menton faisant frontière avec l’Italie. Il bénéficie d’un microclimat qui permet le bon développement des plantes exotiques. En effet, les montagnes le protègent du vent froid et la mer apporte le taux suffisant d’humidité. Les températures descendent rarement en dessous de 0°C, même en hiver. La mise en lumière des régions tropicales se fait à travers des Clivias Vermillons, des Palmiers bambous ou des Oreilles d’éléphants… J’ai adoré cette zone de sous-bois avec des lianes, des feuilles abondantes et une fontaine recouverte de mousse.
LE BASSIN DE NÉNUPHARS DU VAL RAHMEH




Plus loin, nos pas nous mènent vers le bassin entouré de plantes de collection paysagère. On rencontre un Faux Kapokier au tronc épineux. Cousin du Baobab, il peut faire jusqu’à 25 mètres de haut. Dans l’eau, les poissons nagent autour des espèces aquatiques : Lotus Sacrés, Papyrus, Colocasias, Laitues et Jacinthes d’eau. Lorsque c’est la saison, on peut y admirer des nénuphars géants (Victoria amazonica). Ses fleurs peuvent mesurer 30 cm de diamètre, tandis que ses feuilles atteignent parfois les 2 mètres ! Je n’ai pas eu la chance de les voir, mais j’ai trouvé cet espace agréable pour s’y asseoir un moment.
COLLECTION D’AGRUMES ET BAMBOUS GÉANTS




Enfin, on se dirige dans la dernière partie du Val Rahmeh. Ici, il y a une belle collection d’agrumes (kumquats, pamplemousses, citrons, mandarines…) et de fruits tropicaux. On apprend plein de choses sur ces aliments. Par exemple, saviez vous que le noyau de l’avocat est en réalité une graine ? En raison de sa taille, on se trompe de terme pour la nommer. On passe devant les Mains de Bouddha facilement identifiable à leur forme et on prend le temps dans la forêt de bambous géants. Leur ombre offre un peu de fraîcheur et crée une ambiance de pure nature. Puis, on quitte le jardin par l’entrée principale : une allée luxuriante faite de Fougères arborescentes, de Jacobinias, de Dattiers des Canaries ou de Bananiers rouges. Avant de regagner notre voiture, garée sur le parking en face du Super U Express, on fait un détour par le parc du Pian. On y rencontre 540 oliviers dont certains sont plusieurs fois centenaires…
Pour plus d’informations, je vous invite à consulter le site officiel du Jardin Val Rahmeh.
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